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L’attaque de Tony Blair sur le droit à l’asile politique

Traduction: Herbert Flesch

Tony Blair est un des partisans les plus zélés d’une guerre préventive contre l’Irak. Il a plaidé d’une façon offensive en faveur d’une violation du droit international et ouvert la brèche à une destruction du système de sécurité représenté par l’ONU.

Une nouvelle époque nous menace, une époque marquée par la volonté d’états militairement puissants d’imposer leurs décisions par des guerres dites „préventives“. Une telle politique crée de nouveaux réfugiés. Mais ce sont exactement ces gens-là que Blair et son gouvernement veulent combattre plus efficacement en démantelant le droit d’asile européen et la convention de Genève.

Le principe: Interner les réfugiés dans des camps dans leur pays d’origine.

Sous le titre cynique „Une nouvelle vision pour des réfugiés“ M. Blair, son ministre des affaires étrangères Jack Straw et son ministre de l’intérieur Blunkett ont développé une conception qui attaque le droit d’asile en Europe dans sa substance. Leur idée:

Des réfugiés qui réussissent à arriver dans un pays européen y seront internés pendant un temps relativement court pour être renvoyés dans d’autres camps dans leur pays d’origine.

Ces „zones de protection régionales“ se trouveraient sous la surveillance du UNHCR et seraient financées par les pays riches. Dans ces „réserves territoriales“ les réfugiés seraient retenus pendant un certain temps qui reste encore à déterminer. Pendant ce temps, leurs demandes d’asile politique seraient examinées. En cas d’acceptation de leur demande, un nombre limité d’entre eux serait, selon un système de quotas encore à établir, redistribué dans les pays européens. Les requérants dont la demande a été débouté seraient directement expulsés dans leur pays d’origine.

Ces réserves territoriales, aussi proches que possible de la région d’origine du réfugié, seraient, tôt ou tard, qualifiées „d’états tiers sûrs“ dans lesquels des expulsions pourraient se faire sans examen des demandes des réfugiés.

Expulsion, empêchement de la fuite, absence de droits,approvisionnement de détresse

Le plan britannique s’étend aux principales régions de provenance des réfugiés. Des réserves sont prévues en Turquie, en Iran, au nord de la Somalie, au Maroc, en Roumanie, en Croatie et en Ukraine. Un projet pilote est en train de se monter en Albanie.

Le niveau social y sera largement en dessous de ce qui est normal dans les pays industrialisés. Comme il s’agit surtout d’économiser de l’argent, on ne veut que subvenir aux besoins les plus élémentaires.

Selon les initiateurs de cette proposition, un requérant d’asile coûte jusqu’à 10 000 dollars par an à l’état britannique , tandis que, dans les réserves prévues, 50 dollars suffiraient en général.

Cette „vision“ britannique pour les réfugiés a pour but de rendre toute l’Europe libre de réfugiés. Le Haut Commissaire des Nations Unies ne serait plus le garant des droits des réfugiés dans les états signataires de la convention de Genève, mais serait perverti en garde-chiourme dans les réserves.

L‘ abandon des obligations résultant du droit international: une mise en scène politique

Lors d’une première phase, on se sent encore lié à la convention de Genève et au droit international. A moyen terme, on pense cependant à abroger l’article 3 de la convention européenne des droits de l’homme et la Convention de Genève. On veut surtout abolir l’interdiction absolue de la torture et de traitements humiliants. L’article 3, dans sa forme modifiée, protègerait le réfugié exclusivement de la torture et de traitements inhumains dont il serait menacé en Grande Bretagne. Ainsi on pourrait aisément expulser les gens victimes ou menacés de la torture.

Lutte des causes de fuite par des interventions militaires

Le transfert de la responsabilité pour les réfugiés dans les régions d’origine doit, selon le jugement des Britanniques, être complété sur place par la lutte du motif de la fuite, c’est à dire dans les états qui „produisent“ des réfugiés. Après quelques belles phrases pleines de bonnes intentions selon lesquelles on est naturellement obligé de s’engager en vue d’une amélioration de la situation des droits de l’homme, le texte du papier devient plus concret: Depuis la fin de la guerre froide l’OTAN aurait redéfini son rôle et intégré des mesures stabilisant la paix dans sa stratégie. L’intervention humanitaire est la prévention la plus importante. Nous ajoutons que ce principe a déjà été appliqué au Kosovo: Là-bas, on a retenu la plupart des réfugiés pendant la durée de la guerre dans des camps près de leur lieu d’origine. On pourrait donc inciter des réfugiés potentiels à rester ou à rentrer dans leur région. Tout cela y a été déjà mis en pratique ainsi que l’intention de soulager les pays avoisinant le pays en crise en accueillant un nombre limité de réfugiés.

Mais la conception de M. Blair ne s’arrête pas là: En se référant aux travaux de la „Commission Internationale traitant des problèmes d’interventions et de la souveraineté des états (ECISS), il pose la réflexion suivante: La souveraineté d’un état inclut sa responsabilité de protéger ses citoyens. Partout où un état manque à ce devoir à cause de guerres, répression ou désintégration, la communauté internationale est obligée d’intervenir. De telles interventions doivent se faire de façon préventive et même inclure un plan de reconstruction. Il correspond tout à fait à cette logique d’envoyer déjà maintenant des appels d’offre pour la reconstruction de l’Irak à des entreprises de bâtiment américaines.

Remarque du traducteur: Ces firmes appartiennent à des membres du gouvernement Bush ou ont massivement financé des campagnes électorales du Parti Républicain américain.

Dans l’opinion des initiateurs de ces nouvelles propositions, la protection des réfugiés se réduit au devoir de les „protéger“ si possible dans leurs pays d’origine et une guerre serait un moyen approprié pour y arriver. Les auteurs, tout fiers de cette idée grandiose, pensent qu’elle doit faire partie intégrante d’un nouveau système d’asile politique mondial et regrettent que d’autres nations soient moins enthousiasmées par de tels projets interventionnistes que la Grande Bretagne. Il n’est cependant pas du tout certain que les Nations Unies accepteront ces propositions. L’envie de Blair de se dérober aux conventions des Nations Unies e été suffisamment mise en évidence lors des préparations de guerre contre l’Irak.

Une alliance contre la protection des réfugiés

Le premier ministre britannique fait actuellement beaucoup d’efforts pour faire accepter l’idée britannique partout en Europe Unie et dans d’autres états industrialisés. Il compte ainsi former une alliance pour le démantèlement de la protection des réfugiés.

Il faut s’engager contre un tel projet. Car tous les progrès en vue d’un plus grand respect des droits de l’homme accomplis après la deuxième guerre mondiale en tant que réaction du monde civilisé face à la barbarie sont menacés. Le convention de Genève est aussi une réaction à l’échec de la conférence sur le traitement des problèmes des réfugiés à Evian en 1938. Le refus des états participants de protéger les persécutés du régime nazi a eu comme conséquence tragique la mort atroce d’innombrables victimes. Grâce à la convention de Genève, l’accueil des réfugiés n’est plus un acte de clémence étatique, mais un droit individuel des réfugiés. Asile veut dire, avant tout, protection des réfugiés contre un refoulement dans l’état persécuteur, la garantie d’un examen juste et équitable des demandes et la garantie d’une existence décente.

La démarche du gouvernement Blair constitue l’essai de détruire toute garantie pour les requérants d’asile en Europe et d’y accepter, par opportunisme politique, une petite quantité de requérants à qui l’asile a été accordé.

Déjà maintenant, la grande majorité des réfugiés restent dans leur région d’origine. Environ trois quarts des réfugiés vivent dans le tiers-monde. Ces pays devraient, selon la conception britannique, aussi accueillir des réfugiés qui ont pu fuir en Europe Unie.

La misère – le programme standard pour la protection des réfugiés

Le conception britannique est la tentative la plus importante de supprimer la protection des réfugiés à l’intérieur de l’Europe Unie en coopération avec d’autres pays industrialisés. Dans le passé, la protection des réfugiés se basait sur l’idée de donner non seulement une protection aux réfugiés qu’on accueillait dans un état, mais aussi de leur accorder des droits.A présent, il ne s’agit que de garder les réfugiés près de leur pays d’origine, si possible là d’où ils viennent. Des zones de protection seront aménagées qui constituent de grands camps de réfugiés. La protection s’y réduit à la garantie militaire du provisoire. La vie dans ces camps serait déplorable et les droits des internés seraient très réduits Ainsi végéter dans la misère devient le programme standard pour la protection des réfugiés.


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